Alina Szapocznikow

Centre Pompidou
15 mai 2013

Les dessins d’Alina Szapocznikow s’inscrivent dans le processus créatif de la sculpture. Esquisses préparatoires ou étapes de projets, ses recherches se font l’écho des volumes à venir. Que les dessins aboutissent au final à leur transposition sous forme sculpturale importe peu, Alina Szapocznikow dessine en trois dimensions. Chaque forme a une masse, chaque ligne structure l’espace. Les forces en jeu sont celles du corps : ici une jambe, un appui ; là des bras qui cherchent l’équilibre. Très peu de repentir, la ligne claire impose sa netteté. Quelques monotypes, des encres denses complètent l’œuvre de toute une vie.

Entre la main qui trace et celle qui écrit, la distance est ténue. Du dessin à l’écriture il n’y a qu’un pas que le regard permet de franchir. À l’instar d’un livre, un dessin se lit. Il est une partition à déchiffrer, un paysage à arpenter. Le mouvement se crée en suivant les courbes et les brisures, en s’immergeant dans les vides et les pleins. La lecture est sans fin, toujours riche d’un nouveau voyage.







Instantané # 6

Sils
18 avril 2013

Au centre du cercle intime de l’artiste, une œuvre prend forme, pas à pas. Faite de toutes celles qui la précèdent, portant en elle toutes celles qui lui succéderont. Arrive le jour où le travail s’achève. L’œuvre est là. Elle s’insère dans une série, elle participe d’un prolongement ou d’une rupture mais sa place est donnée. Elle existe. Extraite des limbes de la création, elle peut maintenant quitter l’atelier et rejoindre le flux des travaux finis. Entreposée, stockée, montrée ou cachée, elle mène sa propre existence. Vient le moment où la rencontre avec l’autre se fait. Un regard et le dialogue commence. Par bribes, on se découvre, on s’apprivoise. Le voyage ensemble commence. Il est des œuvres dont on sait qu’elles auront longtemps des choses à nous dire, des choses à nous apprendre sur nous-mêmes, des secrets aussi qui résisteront au temps. Acquérir une œuvre, c’est rendre possible la poursuite de ce dialogue, en permettre la continuité. C’est se donner la chance de se retrouver tous les jours, de vivre ensemble.







Frédérique Lucien

Omphalos
Galerie Jean Fournier
27 mars 2013

En point de départ, le corps. Ou plutôt un regard sur une partie précise, un zoom centré sur la cicatrice ombilicale, trace du lien passé entre deux êtres. Frédérique Lucien transfigure chaque nombril en autant de paysages doux, de formes organiques au bord de l’abstraction. Avec une grande simplicité de moyens, elle donne à cette petite chose de rien (qui n’intrigue en général que les enfants) une voix autre et trace en légèreté une suite de portraits en creux où les singularités dialoguent entre elles.
Autre série, autre absence. Ici le papier de couleur est une matrice dans laquelle l’artiste trace au cutter les contours d’une forme végétale. Une trame de fond accueille la découpe, assurant une assise aux circonvolutions organiques et laissant à la contre-forme un espace de respiration. Ce qui manque n’est pas absent, juste mis de côté pour éventuellement trouver sa place dans une autre composition.
Détail isolé d’un ensemble ou partie détachée d’un tout, le jeu se fait entre séparation et complémentarité au travers d’un travail de série où chaque élément se fait l’écho de l’autre.







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