Laurent Tixador

MON Blockhaus
Au bout de 8 jours, on va reprendre notre place

Galerie du Dourven
Site de l’artiste

Ce n’est pas le bout du monde mais presque. À l’extrémité du domaine du Dourven, pinède cernée de granit rose, la galerie offre un refuge au vent et une vue circulaire splendide. Laurent Tixador et son équipe y ont construit un blockhaus. Le mur de béton prend appui sur le mur intérieur de la galerie, et se prolonge jusqu’à l’extérieur. Sans accès, il se fond dans le bâtiment au point qu’on pourrait le croire antérieur à celui-ci. Épousant la ligne courbe du lieu, il en isole le cœur, rendu inaccessible.

Après l’équipe de chantier, l’équipe de tournage entre en action. À ce bunker anachronique répond un film utilisant les codes de la télé-réalité tout en étant entièrement scénarisé. Enfermés volontaires dans une friche industrielle, les « participants » jouent à vivre en autarcie, sous l’œil des caméras. Du cadrage à la mise en scène, des scènes de réveil au confessionnal, tous les poncifs du genre sont repris, jusqu’au départ volontaire des acteurs, soit disant lassés de l’aventure.

Du blockhaus à la survie organisée, Laurent Tixador trace une ligne de défense utopique contre d’éventuels envahisseurs. Mais si la vie en autarcie peut procurer un sentiment de toute puissance, elle ne protège pas des attaques et ne résiste guère à l’explosion du groupe. Heureusement, sous cette logique guerrière et de repli sur soi transparaissent l’humour et la dérision. Tout reste temporaire et réversible. On peut aller sans crainte au bout du monde, le retour est prévu.