Sebastian Gögel

De la réalité des fantômes (extrait)
Roven n° 11

C’est un ciel d’orage, sombre et tourmenté. De la masse des nuages surgissent quelques éclairs acérés. Les turbulences se heurtent aux limites du support qui peine à contenir la violence du phénomène. Le trait puissant, tumultueux rend compte de l’énergie que Sebastian Gögel insuffle dans ses dessins. Toujours au crayon – la couleur ne prendra place que dans les toiles ou les sculptures patinées – le dessin est un labeur et « un tâtonnement vers la forme ». Le motif est travaillé, repris, gommé, travaillé encore et encore jusqu’à occuper pleinement l’espace imparti. Nombreux sont les chemins abandonnés dont il ne reste que des traces. Le dessin est outil de questionnement, une écriture de recherche permanente. Dans une même composition, les formes foisonnent jusqu’à saturation. Le chaos n’est pas simple à organiser, ça déborde, l’espace de la feuille n’y suffit pas, ça tourbillonne, même dans le noir du support qui n’en peut plus. L’orage gronde.